Points de vue mensuels sur les marchés : Croissance américaine, anomalies de cours sur les marchés et bonne tenue de l’or
KEY POINTS
La vigueur de la croissance américaine accroît les risques de taux
Les prix du pétrole ont dicté leur loi sur le marché ces derniers temps, et cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à ce que la situation au Moyen-Orient se stabilise. Parallèlement, l’intelligence artificielle reste un facteur clé. La hausse des taux d’intérêt est généralement négative pour les valeurs technologiques et les petites capitalisations. De fait, l’indice Russell 2000 a sous-performé ces dernières semaines. Mais les valeurs technologiques se sont relativement bien comportées, les perspectives positives en matière de bénéfices ayant compensé l’impact de la hausse des taux.
Un nouveau risque menace toutefois les rendements des obligations d'État américaines (et, indirectement, les rendements mondiaux). Le regain de dynamisme de l'activité économique américaine, comme le montrent les indices des directeurs d’achats, laisse entrevoir une poursuite de la croissance économique supérieure à la tendance, alors que l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale. Le risque de surchauffe de l’économie augmente, de sorte que même si les prix du pétrole baissent, les rendements obligataires pourraient rester élevés. Dans un premier temps, les marchés actions devraient se réjouir d’un tel environnement : une croissance et une inflation relativement plus élevées sont favorables aux actions. Mais si les anticipations du marché concernant le taux des fonds fédéraux augmentent encore, l’ajustement pourrait s’avérer douloureux.
Anomalies de cours ?
Les obligations d'État ont subi une forte pression, les rendements à long terme ayant atteint leur plus haut niveau depuis plusieurs décennies en septembre. Cela s'explique par un cocktail d'instabilité géopolitique, de hausse des prix de l'énergie, d'anticipations inflationnistes, de niveaux élevés de dette souveraine et de politiques monétaires plus restrictives, autant de facteurs qui reflètent probablement une hausse fondamentale des primes de terme. Avec le retrait des acheteurs insensibles au rendement (banques centrales et gestionnaires de réserves), la « prime de rareté » s’estompe, ce qui incite les investisseurs à exiger des rendements plus élevés pour détenir des actifs à duration longue. Cette évolution a été amplifiée par les changements réglementaires et législatifs (réforme des fonds de pension aux Pays-Bas, réforme du mécanisme de frein à l'endettement en Allemagne) et par la concurrence accrue des émissions massives d’obligations d’entreprise, notamment de la part des hyperscalers.
On observe une nette déconnexion en Europe et au Royaume-Uni entre les prix du marché et la réalité économique. Les anticipations actuelles du marché concernant les taux directeurs semblent excessivement agressives, en particulier dans leur réaction aux chocs d’offre. Une grande partie de cet écart se concentre sur le « taux neutre », c’est-à-dire le taux théorique qui maintient une économie stable. Les marchés semblent intégrer une hausse de la productivité liée à l’intelligence artificielle (et donc une hausse du taux neutre à un moment donné), mais les banquiers centraux restent prudents. Et comme ils ont constamment mis l’accent sur une approche dépendante des données, les prix actuels du marché sont susceptibles d'être excessifs. Ces attentes excessives devraient selon nous s'ajuster pour s'aligner plus étroitement sur l'approche des banques centrales, ce qui pourrait réduire la volatilité des rendements obligataires à long terme.
Or – au-delà des hausses de taux
Le prix de l’or a bien résisté face à la résilience de l’économie américaine et à la hausse des rendements obligataires. Cela ne signifie pas pour autant que les taux d'intérêt ne jouent plus aucun rôle, mais plutôt que le marché accorde une plus grande importance à l'appétit des investisseurs pour le métal jaune. Si la Réserve fédérale relève à nouveau ses taux, le cours de l'or devrait faire l'objet d'une correction, mais nous pensons qu'elle sera limitée. Compte tenu de la hausse de la demande saisonnière et de la poursuite des achats par les banques centrales et d'autres institutions officielles, le ratio rendement/risque à moyen terme de l'or semble orienté à la hausse.
Les gestionnaires de réserves ont continué à renforcer leur exposition à l’or, en investissant dans des prix plus bas et/ou plus stables dans le but de construire des positions stratégiques. La Chine a notamment ajouté 20 tonnes supplémentaires en août, ce qui porte le total de ses achats cette année à 80 tonnes. Les fonds indiciels cotés sur l’or ont également reconstitué leurs positions vers les sommets atteints plus tôt dans l'année.
Les investisseurs semblent porter leur regard au-delà de la prochaine publication de données et du manque à gagner potentiel lié au fait de détenir de l'or plutôt que des actifs générateurs de revenus. L'attention s'est tournée vers le rôle à moyen et long terme de l'or en tant que moyen potentiel de renforcer la résilience des portefeuilles face à un ensemble de risques macroéconomiques, politiques et géopolitiques.
Idées de mise en œuvre
Flexibilité au sein du crédit euro
Le marché du crédit euro résiste bien, soutenu par des fondamentaux solides et des résultats trimestriels robustes, malgré les tensions géopolitiques et les prix élevés de l’énergie. Bien que la prime de risque des obligations d’entreprise reste faible, les tendances actuelles du marché sont favorables, offrant des rendements absolus élevés et un revenu attrayant. Le positionnement tactique en termes de duration pourrait s’avérer bénéfique, notamment dans la mesure où le marché a déjà intégré les anticipations de futures hausses des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne. Une approche agile et flexible pourrait aider les investisseurs à tirer parti des opportunités offertes par l'ensemble du spectre des crédits Investment Grade en euros, y compris le haut rendement et la dette subordonnée. L’allocation active et la sélectivité entre les secteurs et les notations restent le principal moyen de générer des performances potentielles.
Protection contre l’inflation et les fluctuations de taux
Les tensions géopolitiques entretiennent des niveaux élevés d’incertitude concernant l'inflation, notamment en raison de la volatilité des prix de l’énergie, tandis que les conditions financières restent restrictives. Face au durcissement de ton des différentes banques centrales, les obligations indexées sur l’inflation à court terme semblent attrayantes compte tenu de leur potentiel de croissance à court terme et des risques inflationnistes. Étant donné que de multiples hausses des taux d’intérêt sont déjà intégrées dans les prix du marché, l’indexation sur l’inflation (obligations dont le capital est indexé sur l’inflation) et les performances potentielles que les investisseurs peuvent tirer de la détention de l’obligation offrent des opportunités attrayantes jusqu’à la fin de l’année. Les stratégies à duration courte peuvent potentiellement contribuer à se protéger contre le risque de hausse de l'inflation, car elles sont moins sensibles aux taux d'intérêt que les stratégies toutes échéances.
Solutions environnementales permettant le développement de l’IA
La révolution de l’intelligence artificielle ne se limite pas à investir dans les semi-conducteurs et la technologie. Derrière la croissance rapide de l’IA se cache un développement significatif d’infrastructures essentielles, notamment en matière d'électricité et d'eau. L’augmentation de la demande en centres de données nécessite davantage de production d’électricité, des réseaux plus solides et plus intelligents, des transformateurs, des batteries de stockage, des systèmes de refroidissement économes en énergie et des infrastructures hydrauliques fiables. Répondre à cette demande croissante tout en soutenant la transition vers un système énergétique bas carbone nécessitera d’importants investissements dans des solutions environnementales. Cela crée selon nous une vaste opportunité d'investissement sur plusieurs années dans les entreprises qui soutiennent l'expansion continue de l'IA.
Nos vues par classe d'actifs
| Opinion positive | Opinion neutre | Opinion négatiive |
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Les opinions s'appuient sur les points de vue de l’équipe Investissement et ne sont pas destinées à constituer un conseil en matière d'allocation d'actifs.
Taux | ||
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Bons du Trésor américain | La Réserve fédérale a relevé son taux directeur à 3,75 %-4,0 % et a durci le ton. Les marchés anticipent désormais un pic des taux officiels autour de 4,50 %/4,75 % | |
Euro - Obl. d'État Core | Le durcissement de ton de la Banque centrale européenne a conduit les marchés à anticiper une hausse du taux de dépôt à 3,25 %/3,5 %, contre 2,50 % aujourd’hui. Nous ne pensons pas que de telles hausses soient nécessaires. Les valorisations sont attrayantes, mais la dynamique est clairement insuffisante | |
Euro - Spreads des obl. d'État | Les primes de risque des emprunts d’État français et italiens ont augmenté. Les facteurs clés pour la France sont liés à l’issue du débat budgétaire 2027 à court terme et aux élections présidentielles à moyen terme | |
Gilts britanniques | Poursuite de la sous-performance en raison d’inquiétudes excessives concernant les perspectives d’inflation et la politique budgétaire. La fin des ventes de Gilts de la Banque d'Angleterre sur les marchés pourrait apporter un certain soulagement à court terme aux emprunts d’État britanniques à long terme. | |
Emprunts d’État japonais | La Banque du Japon mène une politique de hausse des taux, mais celle-ci correspond globalement aux attentes | |
Inflation | Les spreads des points morts d’inflation ont augmenté en ligne avec les prix du pétrole à court terme, mais les points morts à plus long terme restent proches des objectifs de la BCE et de la Fed et, par conséquent, à des niveaux attrayants. Les stratégies à duration courte restent potentiellement efficaces pour se protéger contre le risque de hausse de l’inflation en raison du faible risque de taux d’intérêt | |
Émergents | Les rendements restent attrayants, mais les risques macroéconomiques restent importants et la sélection est essentielle | |
Émergents devise locale | Les perspectives des prix de l’énergie restant incertaines, les baisses de taux sont pour l’instant suspendues. |
Crédit | ||
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Investment Grade USD | Les primes de risque sont plus élevées qu'avant la crise iranienne, mais les fondamentaux sont jusqu'à présent soutenus par une économie solide. Conditions techniques un peu faibles avec une offre importante à venir, en particulier de la part des hyperscalers | |
Investment Grade Euro | La quête de rendement soutient le contexte technique positif. Les fondamentaux sont excellents, avec davantage de révisions à la hausse que de révisions baissières. Toutefois, les primes de risque restent très serrées et ne devraient pas diminuer | |
Investment Grade GBP | Rendements attrayants pour les investisseurs à long terme en livre sterling. Les Gilts ont été une source constante de volatilité, mais la fin/suspension des ventes de titres de dette par la Banque d'Angleterre pourrait apporter un soulagement à court terme | |
Haut rendement USD | Dans l’ensemble, les fondamentaux se sont améliorés, mais la hausse des taux officiels pourrait peser sur certains secteurs à l’avenir | |
Haut rendement Euro | Avec des rendements d’environ 6,75 %, la classe d’actifs reste attrayante, mais les primes de risque restent faibles et les nouvelles émissions sont en hausse. La dispersion augmente et la sélection est essentielle |
Actions | ||
|---|---|---|
États-Unis | La technologie et l’IA continuent de doper les performances, tandis que l’activité aux États-Unis résiste dans un contexte de reprise plus générale de l’activité manufacturière. Toutefois, la hausse des anticipations d’inflation et de taux d’intérêt continue de menacer les performances | |
Europe | L'amélioration de la dynamique des bénéfices et le positionnement relativement modéré constituent des facteurs favorables, mais la hausse des prix de l'énergie, le resserrement des conditions monétaires et la proximité géopolitique viennent contrebalancer l'amélioration du contexte relatif. Dans la région, nous privilégions les valeurs bancaires. | |
Japon | Les fondamentaux des entreprises restent favorables, mais les valorisations ont été réévaluées et le marché traverse une phase de réduction des risques motivée par le positionnement. La politique de la BoJ et l’incertitude entourant le yen vont également à l’encontre d’une vision directionnelle. Les valeurs bancaires semblent attrayantes. | |
Chine | Le soutien des politiques et les valorisations attrayantes offrent une certaine protection contre le risque baissier, mais les tendances de consommation restent modérées et la visibilité sur une reprise durable des bénéfices reste limitée | |
Marchés émergents | Les valorisations sont attrayantes sur la base des bénéfices futurs | |
Secteurs | Préférence pour les valeurs liées à l'énergie, reflétant une vision positive des matières premières. | |
Thèmes d’investissement | Opinion positive à long terme sur le déploiement de l'IA, l’électrification des réseaux et les stratégies de transition bas carbone |
* BNP Paribas Asset Management a identifié plusieurs thèmes reposant sur des mégatendances (exploitées par les entreprises) qui, selon nous, sont les plus à même de faire face à l'évolution de l'économie mondiale : Automatisation et Numérisation, Tendances en matière de consommation et Longévité, Transition énergétique, ainsi que Biodiversité et Capital naturel ; source : BNP Paribas Asset Management
Avertissement de risque
La valeur des investissements, et les revenus qu'ils génèrent, peuvent aussi bien baisser qu'augmenter et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant initialement investi.