Points de vue mensuels sur les marchés : sélectivité européenne, hausse des rendements obligataires et productivité de l’IA
Points clés
Sélectivité sur les actions européennes
Cela étant, l'Europe semble moins bien s'en tirer que les États-Unis sur le plan économique. Les indices européens des directeurs d'achat témoignent d'une dégradation dans les secteurs des services et de l'industrie manufacturière, tandis que l'activité a progressé aux États-Unis. Les marchés actions semblent indiquer la même tendance. Fin mai, l'indice MSCI Europe évoluait en territoire négatif par rapport au niveau atteint avant le début du conflit, tandis que le S&P 500 affichait une hausse de 10 %. Cet écart s’explique toutefois en grande partie par les solides performances enregistrées par les valeurs technologiques. Si l'on exclut la technologie, l'Europe reste en retrait, mais dans une moindre mesure. Si l'on ne considère que les entreprises susceptibles de bénéficier de l'initiative d'« autonomie stratégique » de l'Union européenne1, cet écart disparaît en grande partie. Cette année, la sélectivité sera déterminante pour investir avec succès dans les actions européennes.
- EU strategic autonomy 2013-2023: From concept to capacity | Think Tank | Parlement européen Source de toutes les données : FactSet, Bloomberg, BNP Paribas Asset Management au 29 mai 2026, sauf indication contraire. Les performances passées ne sauraient présager des résultats futurs.
Retour des taux d'intérêt à long terme
Les rendements des obligations d’État à long terme ont considérablement augmenté depuis la pandémie mondiale. Par exemple, les rendements des bons du Trésor américain à 30 ans ont bondi d’environ 300 points de base depuis fin 2021. Les obligations d’État japonaises et allemandes affichent une hausse similaire, tandis que les Gilts britanniques se distinguent avec plus de 400 pb. Dans un discours prononcé en 2013, l'ancien président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a décrit les facteurs qui, selon lui, influent sur les taux d'intérêt à long terme. Par rapport à cette période, les attentes en matière de croissance à long terme, d'inflation et de rendement réel ont toutes augmenté. En outre, une reflation de la prime de terme a été observée, laquelle semble soutenue par une plus grande volatilité des obligations et une corrélation positive entre actions et obligations.
Outre les facteurs cycliques, l'équilibre entre l'offre et la demande d'obligations a été fragilisé par la réduction progressive des programmes d'achat d'actifs des banques centrales et par la nécessité pour les investisseurs sensibles aux prix de trouver des marges supplémentaires dans les bilans pour répondre à la hausse des émissions. Les données du Fonds monétaire international montrent que les déficits publics des économies avancées s’établiront en moyenne à 4,6 % au cours des cinq prochaines années, faisant passer le ratio dette/PIB de 108 % fin 2025 à environ 115 %. Les titres obligataires traversent une période de transition, tout comme la valeur relative entre les obligations d’État et les obligations d’entreprise dans l’allocation d’actifs stratégique.
Débat sur la productivité de l’IA
La dernière Lettre économique de la Réserve fédérale de San Francisco (FRBSF) revient sur une question récurrente : l’économie américaine entre-t-elle dans une ère de forte croissance de la productivité alimentée par les investissements dans l’intelligence artificielle ? La réponse n’est pas simple, notamment parce qu'il est intrinsèquement difficile de mesurer la productivité. La productivité du travail (production par heure travaillée) a fortement augmenté ces dernières années. La productivité totale des facteurs (PTF) reflète les gains d'efficacité réalisés dans l'ensemble de l'économie, et pas seulement le fait qu'une nouvelle technologie puisse accroître la productivité du travail. Les dernières estimations de la FRBSF montrent que la croissance de la PTF reste loin derrière celle de la productivité du travail, ce qui laisse entendre que les récents gains liés à l'IA résultent davantage d'une utilisation accrue des outils existants que d'une amélioration fondamentale de l'efficacité globale.
La productivité est importante non seulement pour le débat académique, mais aussi pour la politique économique. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a déclaré que l'IA apporterait d'importants gains de productivité et considère cette technologie comme « structurellement désinflationniste ». Le raisonnement sous-jacent est qu'un niveau de production potentielle plus élevé permettrait à l'économie de croître plus rapidement sans dépasser l'objectif d'inflation. La FRBSF conclut néanmoins qu'il est prématuré d'annoncer l'avènement d'une ère de forte croissance durable de la productivité. Les comparaisons avec le boom technologique du début des années 1990 offrent de l’espoir, mais pas encore de certitude.
Source de toutes les données : FactSet, Bloomberg, BNP Paribas Asset Management au 29 mai 2026, sauf indication contraire. Les performances passées ne sauraient présager des résultats futurs.
Nos vues par classe d'actifs
| Opinion positive | Opinion neutre | Opinion négative |
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Les opinions s'appuient sur les points de vue de l’équipe Investissement et ne sont pas destinées à constituer un conseil en matière d'allocation d'actifs.
Taux | ||
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Bons du Trésor américain | Anticipations de baisse des taux confortées par la nomination de Kevin Warsh à la Fed, mais risque de hausse des taux à long terme compte tenu des perspectives budgétaires | |
Euro - Obl. d'État Core | Les rendements se sont stabilisés à un niveau plus élevé, la BCE envisageant deux hausses de taux cette année | |
Euro - Spreads des obl. d'État | Réponse budgétaire limitée à la crise iranienne jusqu’à présent, avec l'Italie et l'Espagne dans une situation financière plus favorable qu'en 2022 | |
Gilts britanniques | Sous-performance persistante due à des craintes excessives en matière d'inflation et de politique budgétaire. Le risque politique pourrait maintenir les rendements des Gilts à long terme à des niveaux élevés, mais les attentes du marché en matière de taux semblent trop agressives | |
Emprunts d’État japonais | La Banque du Japon se montre prudente vis-à-vis des hausses de taux dans un contexte de crise | |
Inflation | Le portage d’inflation restera élevé tout au long de l’été ; les stratégies de duration courte sont potentiellement efficaces |
Crédit | ||
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Investment Grade USD | Spreads plus importants qu'avant la crise iranienne, mais exposés aux risques de taux et de croissance. Duration courte privilégiée | |
Investment Grade Euro | Les acheteurs de rendement soutiennent un contexte technique positif, mais la valeur relative se détériore à nouveau à mesure que les spreads se resserrent | |
Investment Grade GBP | Rendements attractifs pour les investisseurs à long terme en livre sterling, mais les Gilts constituent une source continue de volatilité | |
Haut rendement USD | Rendement attractif alors que le marché écarte les inquiétudes antérieures concernant l’exposition au secteur des logiciels | |
Haut rendement Euro | Les rendements proches de 6 % offrent des opportunités de valeur relative attrayantes par rapport aux titres notés investment grade | |
Émergents | Solide performance depuis mars avec des rendements attractifs, mais des risques macroéconomiques subsistent | |
Émergents devise locale | Possibilité de baisse des taux locaux lorsque les perspectives en matière d'énergie seront plus claires |
Actions | ||
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États-Unis | La dynamique des actions américaines liée à l'IA reste forte et continue de s'amplifier, même si le contexte fondamental sous-jacent continue de justifier l'argumentaire d'investissement structurel | |
Zone euro | Les prix élevés du pétrole et du gaz continuent de peser sur la croissance. Nous privilégions les thèmes liés aux banques, à l'électrification et à la défense | |
Royaume-Uni | La hausse des taux d’intérêt continue de peser sur la dynamique de croissance. Les secteurs défensifs devraient mieux s'en sortir | |
Japon | L’expansion budgétaire devrait soutenir les secteurs liés à la demande intérieure. Les banques restent attrayantes alors que la Banque du Japon semble se rapprocher d'une nouvelle hausse des taux | |
Chine | Les valeurs technologiques bénéficient du découplage entre les États-Unis et la Chine. Potentiel de relance ciblée, en particulier dans les secteurs stratégiques | |
Global Emerging Markets | Dynamique des bénéfices dans la technologie et les matériaux, mais les tensions dans la région du Golfe pèsent sur les économies asiatiques importatrices d’énergie, rendant nécessaire une approche sélective | |
Thèmes d’investissement* | Opinion positive à long terme sur le matériel lié à l'IA, l’électrification des réseaux et les stratégies de transition bas carbone |
* BNP Paribas Asset Management a identifié plusieurs thèmes reposant sur des mégatendances (exploitées par les entreprises) qui, selon nous, sont les plus à même de faire face à l'évolution de l'économie mondiale : Automatisation et Numérisation, Tendances en matière de consommation et Longévité, Transition énergétique, ainsi que Biodiversité et Capital naturel ; source : BNP Paribas Asset Management
Avertissement de risque
La valeur des investissements, et les revenus qu'ils génèrent, peuvent aussi bien baisser qu'augmenter et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant initialement investi.